Auteur : Christian Leray M.A.

 

Le Dr. Nadeau-Vallée, résident en médecine et PhD en pharmacologie, signe sous le nom de Walmart_Justin_Trudeau une vidéo intitulée Le véritable, véritable portrait de la COVID-19 au Québec.

Dans celle-ci il tente de « débunker » l’article de Patrick Provost, professeur à l’Université Laval, intitulé Le véritable portrait de la COVID-19 au Québec et paru dans le Journal de Montréal, puis « retiré » suite à l’intervention du rédacteur en chef, Sébastien Ménard, car comportant « certains éléments inexacts ».

 

Mathieu Nadeau-Vallée n’en est pas à son premier essai en la matière. Cela fait de nombreux mois qu’il scrute médias et réseaux sociaux, prêt à « fact-checker » tout article, lettre, vidéo ou autre, qui va à l’encontre du discours officiel sur la pandémie. Après l’avoir demandé, il a été l’un des premiers à se féliciter du « retrait » de la lettre de Patrick Provost. Ce dernier lui demandant d’en débattre, M. Nadeau-Vallée ne s’est alors pas fait prier pour publier une vidéo dans laquelle il « débunke » M. Provost. Mais plutôt que d’accepter de débattre avec lui, il continue dans l’invective, sans aucun argument, en affirmant que M. Provost assène des « demi-vérités » et des « faussetés ».

 

Suspension de l’Université Laval

Tout d’abord, nous avons une information à préciser à M. Nadeau-Vallée : Patrick Provost n’a pas été suspendu par son université en raison de cette lettre mais suite à sa prise de parole dans une vidéo de Réinfo Covid dans laquelle il se prononçait contre la vaccination des enfants. À ce sujet, il est fascinant de constater que l’INSPQ, dans son rapport sur la Vaccination contre la COVID-19 chez les jeunes âgés de 6 mois  à 4 ans au Québec, constate que « Les enfants de 6 mois à 4 ans […] sont rarement hospitalisés » et que « l’efficacité de deux doses de ce vaccin contre les infections symptomatiques au SRAS-CoV-2 était de 51 % chez les enfants âgés de 6 à 23 mois et de 37 % chez les enfants âgés de 2 à 5 ans » (ce qui est peu et surtout insuffisant pour empêcher la transmission).

Concernant d’autres symptômes de la COVID-19, comme le SIME (Syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant) ou la COVID longue, l’INSPQ ne note soit aucun progrès grâce la vaccination, ou alors il affirme que cela n’est pas mesurable (cf. page 4).

Bref, en partant, l’avantage de la vaccination pour les enfants est très discutable puisque leurs risques sont infimes. La balance bénéfice/risque est donc au mieux nulle. Mais sachant que les vaccins provoquent des effets secondaires (quoi qu’en disent les autorités et M. Nadeau-Vallée), elle est probablement négative.

Sachant cela, il est extrêmement surprenant de voir une université suspendre l’un de ses professeurs, se poser des questions étant on ne peut plus légitime. Rien que pour cela, sans parler de la liberté académique (nous y reviendrons), cette décision de l’Université Laval est on ne peut plus contestable. Mais revenons à la vidéo de M. Nadeau-Vallée.

 

Walmart Trudeau comme « argument d’autorité »

Celui-ci commence par donner le titre de M. Provost… qui selon lui « n’est pas un argument d’autorité » (à 1’04). Revenons en arrière : M. Nadeau-Vallée cite l’article du Journal de Montréal qui « présente Patrick Provost comme un professeur au département de micro-biologie, infectiologie et immunologie de l’Université Laval ». Il déclare ensuite : « D’entrée de jeu ce n’est pas parce qu’on est professeur dans le département de microbiologie qu’on est microbiologiste ». (à 42 secondes)

Nous pourrions tout aussi bien répliquer : « D’entrée de jeu, ce n’est pas parce qu’on est résident en médecine et PhD en pharmacologie, qu’on est microbiologiste et spécialiste de l’ARN ». En fait, si on devait suivre le raisonnement de M. Nadeau-Vallée, seul un parfait spécialiste du domaine pourrait s’exprimer. Mais pourquoi lui, qui n’a effectivement aucune compétence particulière en la matière, en a-t-il davantage le droit qu’un spécialiste de l’ARN ?

Autre point : avec un minimum de recherches, on apprend que « le tournant de la carrière de Patrick Provost a été sa découverte, en 2002, de la ribonucléase Dicer chez l’humain. Cette enzyme catalyse la formation des microARN (19 à 24 nucléotides de long), qui sont maintenant reconnus comme des régulateurs-clés de l’expression de ~60% des gènes chez l’humain ». Mais c’est sans doute trop « niché » (52 secondes) pour qu’il puisse avoir le droit de s’exprimer sur la question.

Notons pour la petite histoire que les travaux de recherche de Patrick Provost « sur le rôle de l’ARN messager dans l’expression des gènes font partie des 10 découvertes de l’année 2003 par le magazine Québec Science et des cinq découvertes de l’année 2021 par le quotidien Le Soleil. Autant dire qu’à priori, Patrick Provost semble connaître quelque peu son sujet ». Si, avec tel CV, M. Provost ne peut faire « argument d’autorité », qu’en est-il d’un résident en médecine?

 

Des vaccins toujours en phase de test

Après avoir tenté de décrédibiliser le messager, M. Nadeau-Vallée passe à l’attaque. Il se livre alors à un véritable « cherry picking » (ce qu’il reproche justement à M. Provost) en sélectionnant quelques phrases ici ou là. Il commence en citant une phrase de la lettre selon laquelle l’ « injection est toujours expérimentale » (à 1’10). Puis il réfère à l’étude de Pfizer publiée en décembre 2020.

Allons la consulter. À 1 minute 11 de sa vidéo, Wallmart Trudeau affiche subrepticement une capture de l’article auquel il se réfère : Safety and Efficacy of the BNT162b2 mRNA Covid-19 Vaccine

Lorsque l’on lit le deuxième paragraphe, on remarque que celui-ci débute par la phrase suivante : « In an ongoing multinational, placebo-controlled, observer-blinded, pivotal efficacy trial », comme on le voit sur la capture suivante :

Cela-signifie que l’article auquel se réfère M. Nadeau-Vallée indique lui-même que l’étude est encore en cours!

Mieux : le site clinicaltrials.gov montre que le vaccin est toujours en phase de test jusqu’au 8 février 2024. La phase 3, qui doit permettre d’évaluer l’efficacité grâce à l’augmentation des cohortes, est donc toujours en cours et toutes les personnes qui font les injections sont des cobayes. En fait les autorités régulatrices comme Santé Canada et la FDA ont donné des autorisations temporaires de mise sur le marché car il y a « urgence ». Sans cet état d’urgence (ou si un autre traitement existait), les vaccins ne pourraient plus être distribués.

M. Nadeau-Vallée ne peut pas ne pas le savoir. Pourquoi alors tente-il de faire croire l’inverse?

On notera aussi qu’il est pour le moins surprenant de se référer au fabricant (Pfizer) et au distributeur (Santé Canada). En effet, Pfizer a réalisé l’étude et est en plein conflit d’intérêt. Quant à Santé Canada, c’est l’organisme qui a autorisé la mise sur le marché des vaccins : il lui est maintenant difficile de faire marche arrière. Il est donc certain que ce n’est pas eux qui critiqueront les vaccins.

 

« Chez une personne jeune et en santé, une COVID légère peut avoir des impacts sur le cœur, même à long terme »

Ensuite, M. Nadeau-Vallée remet en cause l’argument selon lequel la COVID-19 touche essentiellement les personnes âgées ou avec des comorbidités. Il affiche une étude qui montre selon lui que « chez une personne jeune et en santé, une COVID légère peut avoir des impacts sur le cœur, même à long terme » (à 1’30). Puis il continue avec de possibles troubles au cerveau.

Ici, il veut clairement faire paniquer la population. Mais pourquoi être aussi alarmiste quand on lit les données de l’INSPQ? Si l’on revient au rapport sur la Vaccination contre la COVID-19 chez les jeunes âgés de 6 mois à 4 ans au Québec, dont nous avons parlé plus haut, un seul enfant (et on n’a aucune information à ce sujet, par exemple est-il mort DE la COVID-19 ou AVEC la COVID-19?) est décédé de la COVID-19 au Québec, et comme le dit l’Institut, ils « sont rarement hospitalisés ». Finalement, combien d’enfants risquent effectivement d’avoir des « impacts sur le cœur » ou « des troubles au cerveau »?

L’INSPQ n’en fait aucune mention dans son rapport… et M. Nadeau-Vallée ne donne aucune précision quant à la proportion du nombre de ces « cas ». Il est fort à parier qu’ils doivent être rarissimes sinon Walmart Justin Trudeau ne se serait pas fait prier pour nous dire que par exemple un enfant sur 1 000 qui a la COVID-19 est à risque de développer une maladie cardiaque ou un trouble au cerveau.

En fait, les études auraient tendance à montrer l’inverse. Par exemple, cette recherche sur une cohorte nordique (norvégiens, finlandais, suédois et danois) portant sur 2 millions d’hommes de 16-24 ans (les plus à risque) injectés, a montré au cours de la période d’observation de 28 jours que le nombre de myocardites en excès était de :

  • 1,4 événements supplémentaires pour 100 000 infectés SARS-COV 2 AVANT Omicron;
  • 5,5 événements supplémentaires pour 100 000 injectés après la deuxième dose de BNT162b2 (Pfizer) ;
  • 18,4 événements supplémentaires pour 100 000 injectés après la deuxième dose d’ARNm-1273 (Moderna)
  • 27,5 événements supplémentaires pour 100 000 injectés sur 1ère dose Pfizer et 2e dose Moderna

On notera que ce taux passe à 37,9 événements supplémentaires si on combine myocardites et péricardites pour 100 000 vaccinés sur 1ère dose Pfizer et 2e dose Moderna.

Autrement dit, d’après les résultats de cette étude, la COVID-19 (avant Omicron) fait augmenter les risques de myocardites de 1,4 par 100 000… tandis que deux doses de Pfizer les font augmenter de 5,5… et Moderna de 18,4! (les chiffres de Moderna sont importants car c’est le vaccin que préconise l’INSPQ… vaccin qui était déconseillé aux moins de 30 ans il y a encore peu). On constate donc que les vaccins font augmenter les risques de myocardites et péricardites, notamment chez les jeunes, qui n’ont pourtant rien à craindre ou presque de la maladie, et ce, dans des proportions beaucoup plus importantes que la maladie elle-même!

On notera aussi ces données de la pharmacovigilance norvégienne qui montrent un cas grave des suites de la vaccination environ toutes les 2 000 injections (et non par personne). En Allemagne, le ministère de la Santé vient pour sa part de reconnaitre un cas grave toutes les 5 000 injections :

D’autres études comme cet article du Lancet publié en février 2022 sur la population suédoise constatait « une diminution progressive de l’efficacité du vaccin contre l’infection par le SRAS-CoV-2 ». Celle-ci montre que « la fonction immunitaire des personnes vaccinées 8 mois après l’administration de deux doses de vaccin Covid-19 était inférieure à celle des personnes non vaccinées ».

D’après Jean-Marc Sabatier, directeur de recherches au CNRS et docteur en Biologie Cellulaire et Microbiologie, HDR en Biochimie, « la vaccination pourrait, elle-même, favoriser l’infection ». En effet, selon lui « des injections vaccinales répétées d’un même antigène, quel qu’il soit (ici la protéine Spike du SARS-CoV-2), à des niveaux qui dépassent le seuil ‘’critique’’, conduisent inévitablement à un dérèglement de l’immunité innée, et à l’apparition de potentiels troubles auto-immuns ».

Bref, la liste des possibles effets secondaires graves de la vaccination ne peut être rejetée d’un revers de la main, comme le fait Walmart Justin Trudeau.

En outre, le tableau des décès par âge et en fonction des comorbidités de l’INSPQ est très clair et confirme les propos de Patrick Provost : 92 % des personnes décédées de la COVID-19 ont au moins 2 comorbidités (cancer, problème cardiaque, diabète, obésité, etc.). Quasiment toutes les personnes décédées ont plus de 70 ans. Le nombre de décès des moins de 20 ans est tellement minime que l’INSPQ n’affiche pas les détails. M. Nadeau-Vallée rétorque que 50 % de la population a au moins une comorbidité. Nous aimerions connaitre sa source. D’après Radio-Canada, qui n’en cite aucune non plus (c’est surement l’INSPQ), « la prévalence de la multimorbidité (au moins deux comorbidités) est nettement supérieure chez les 65 ans et plus (45 %) que chez les moins de 65 ans (11 %). On est loin des 92 % affichés par l’INSPQ dans le cas des décès de la COVID-19.

Les données montrent donc clairement que les enfants n’ont quasiment rien à craindre de la COVID-19… mais que les effets secondaires de la vaccination peuvent être graves et surtout plus fréquents que la maladie elle-même.

Pourquoi alors M. Nadeau-Vallée tente-il de faire croire l’inverse?

 

Les vaccins protègent de la contamination et de la transmission

Rendu-là, M. Nadeau-Vallée en a déjà beaucoup dit (le tout en moins de 2 minutes). Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Le voici qui maintenant affirme que les propos de Patrick Provost selon lequel « les injections ne préviennent ni l’infection ni la transmission, mais semblent plutôt faciliter l’infection » sont « totalement faux ».

Pour ce faire, il se réfère à un rapport du UK Vaccine Effectiveness Panel, qui montre une réduction de 45 % du nombre de cas de 0 à 3 mois après avoir reçu une dose de rappel. Mais peut-on parler d’une réelle efficacité quand celle-ci est inférieure à 50 %? Est-il sérieux de s’injecter un produit encore en phase expérimentale pour espérer avoir une « protection » de 45 % pendant à peine 3 mois? A-t-on déjà vu de tels « vaccins » dans l’histoire?

Il faut préciser en outre que cette étude est un rapport d’une agence gouvernementale, dépendante du politique… et qu’elle est donc à prendre avec des pincettes. De nombreuses études et même des articles de la presse grand public montrent une diminution très rapide de l’efficacité. Dès juillet 2021, la directrice des CDC (les centres de contrôle des maladies, USA), Rochelle Walensky, reconnaissait que les vaccins « ne peuvent plus prévenir la transmission ». Plus incroyable, Deborah Birx, coordinatrice pour le groupe de travail sur le coronavirus de la Maison-Blanche depuis 2020, a déclaré qu’elle savait « que ces vaccins n’allaient pas protéger contre l’infection ». Le Monde du 31 juillet 2021 citait une étude israélienne selon laquelle l’efficacité des vaccins n’était plus que de 39 %… soit bien avant l’arrivée d’Omicron. Ce qui a d’ailleurs justifié les doses de rappel, preuve que l’efficacité diminue bel et bien rapidement.

Il est couramment admis, depuis au moins l’été 2021, que les vaccins n’empêchent ni la transmission ni la contamination. Et qu’ils sont devenus quasiment inefficaces depuis le variant Omicron. Et comment s’en étonner puisque l’on continue de vacciner contre une souche disparue depuis près de 2 ans… Ce pamphlet sur l’importance des tests (réalisé par le Centre hospitalier privé de Brest en France), et réalisé en 2021, est on ne peut plus clair sur la question :

Ont suivi des déclarations sur la protection des « formes graves ». Mais lorsque l’on regarde les chiffres, on constate que cet argument ne tient pas lui non plus. Dans son tableau de bord réalisé à partir des propres données de Santé Québec, Réinfo Covid Québec montre ainsi les points suivants :

  • Les vaccinés ont un risque d’hospitalisation légèrement plus élevé que les non-vaccinés. Un vacciné 3 doses a ainsi 1,20 fois le risque d’un non-vacciné d’être hospitalisé.
  • Au chapitre des nouvelles hospitalisations, les vaccinés 3 doses sont très surreprésentés avec 67,2 % alors qu’ils constituent 51,1 % de la population. Le différentiel est de -16,1 points négatifs.

Les vaccins, et en particulier, les doses de rappel, ne protègent donc effectivement ni de la contamination, ni de la transmission. Et en effet, ils « semblent plutôt faciliter l’infection ». Les données de Santé Québec le montrent, cet article scientifique le démontre. Jean-Marc Sabatier confirme ainsi que « les phénomènes ADE/ERD favorisent le processus infectieux et les effets délétères du virus »

Pourquoi alors M. Nadeau-Vallée tente-il de faire croire l’inverse?

N’est-ce pas de « la désinformation totale » comme il le dit à propos de M. Provost? (à 2’20)

 

Les traitements, bien sûr inefficaces

Dans sa lettre, Patrick Provost fait une allusion aux traitements. En cela, il donne le bâton pour se faire battre… Mais M. Nadeau-Vallée n’en profite pas. Il balaie d’un revers de la main l’ivermectine et l’hydroxychloroquine, sans ne plus citer aucune étude : « tous des traitements qui n’ont montré aucune efficacité » (à 2’40).

Cependant, même s’ils n’étaient effectivement pas efficaces contre la COVID-19, des médicaments comme l’hydroxychloroquine ou l’ivermectine sont utilisés par des millions de gens depuis des décennies… Pourquoi sont-ils soudainement devenus dangereux avec la COVID-19?

Puis il fait directement la promotion du Paxlovid, le traitement de Pfizer contre la COVID-19… car « le gouvernement du Québec en fait la promotion ». Là non plus, aucune étude pour prouver ses dires. Pourtant, le fabricant lui-même reconnait que le Paxlovid ne fonctionne pas, comme en fait foi cet extrait du communiqué de presse de Pfizer sur l’étude du médicament : « Dans cet essai, comparé au placebo, Pfizer n’a observé des réductions de risque qu’à hauteur de 32% et 37% chez les adultes à qui le Paxlovid a été administré pendant 5 ou 10 jours ».

Comme pour les vaccins, l’efficacité présumée est inférieure à 50 %. Il s’agit de l’évaluation qu’en fait le fabricant. Peut-on s’en satisfaire alors que le cout du « traitement » est d’environ 700 $ US [environ 875 $ CA, NDLA]. Souvenons-nous du scandale du Remdesivir. Le tout alors que l’ivermectine ne coute quasiment rien.

Là-encore, M. Nadeau-Vallée ne présente pas une image fidèle de la réalité. Pourquoi?

 

Banalisation de la COVID-19 et menace à la santé publique

A 2’48, Wallmart Trudeau affirme que « Patrick Provost y va avec la banalisation de la COVID ». Il considère que « banaliser une maladie infectieuse qui peut avoir des complications graves à long terme dans la population générale, c’est une menace à la santé publique ».

Sauf que l’on sait que « la population générale » n’est pas menacée (cf. points précédents). Il faut donc protéger les personnes vulnérables, qui elles, pourraient éventuellement se faire vacciner. Bien sûr que les personnes âgées ont le droit à la vie. Mais cela passe-t-il obligatoirement par l’injection d’une substance expérimentale, de moins en moins efficace, dans le corps de nos jeunes et de nos enfants?

En outre, Martin Blachier, un médecin et épidémiologiste français connu pour son fort soutien aux mesures sanitaires comme les confinements et les vaccins, fait remarquer qu’aujourd’hui « Le vivre AVEC est un fait, plus qu’une stratégie ». En effet, lors de la 5e vague cet hiver, tout le monde a eu la COVID. Pourtant les masques étaient obligatoires, il y a eu un confinement, le passeport vaccinal était en place, 90 % de la population était vaccinée. On se rend compte que les mesures sont inefficaces et que tout le monde finit par attraper la COVID-19, quoi que l’on fasse.

M. Nadeau-Vallée le sait. Pourquoi tente-il de faire croire l’inverse, qui plus est en faisant jouer la corde sensible de l’abandon de nos aînés?

 

Et ainsi de suite

Le reste de sa vidéo est du même « acabit », avec des vérités lancées en l’air sans plus aucun souci de présenter la moindre étude ou preuve. Exemple à 3’40 lorsqu’il affirme que le fait qu’il y ait eu un pic de surmortalité uniquement lors de la première vague… est dû aux mesures sanitaires et aux vaccins. Comment expliquer alors qu’il n’y ait pas eu d’explosion des cas en Suède, qui n’a jamais imposé de mesures? Idem en Angleterre où tout a relâché en juillet 2021? Qu’est-ce qui justifie qu’au même moment, la France (suivie par le Québec en septembre 2021) imposait un passeport vaccinal?

Et inversement, comme on vient de le voir, comment expliquer que tout le monde ait eu la COVID cet hiver… en dépit des mesures parmi les plus contraignantes au monde avec le passeport vaccinal, les masques, le confinement, etc. ?

À l’heure du bilan, tandis que la France et le Québec mettaient à mal leur économie et la santé mentale de leurs populations, la Suède et l’Angleterre ont pourtant un bilan similaire en terme de décès. On peut comparer aussi à des pays très peu vaccinés comme l’Afrique du Sud, qui a pourtant un meilleur bilan que les pays susmentionnés.

Pourquoi M. Nadeau-Vallée ne présente-t-il pas une image fidèle de la réalité?

 

Cela fait longtemps que nous pensons débunker les débunkers. Nous l’avions déjà fait une fois avec l’émission Les Décrypeurs qui avait présenté un portrait de Réinfo Covid Québec bien peu en rapport avec la réalité. Nous avions failli en faire un autre à propos d’un précédent « fact-checking » justement de M. Nadeau-Vallée, lorsqu’à la suite de la multiplication de vidéos de gens montrant des tests rapides qui devenaient positifs avec du coca-cola ou du jus d’orange, il avait, avec l’aide d’une bachelière et un professeur en biotechnologie enseignant au post-secondaire (à peu près l’équivalent du CEGEP et du bac), « démontré » que les tests rapides étaient efficaces. Ce qui contredisait la société française d’analyses médicales Biogroup, qui a pour sa part mis « en doute la fiabilité des tests rapides du Covid-19 ».

Mais nous considérions alors que ces vidéos, par les contre-vérités et erreurs manifestes qu’elles contiennent, ne pouvaient être prises au sérieux. Mais M. Nadeau-Vallée a des milliers de « followers » et est donc par le fait même très influent. Son « débunkage » de M. Provost, un microbiologiste réputé, est allé trop loin et nous nous devions de réagir.

Au final, il apparait que M. Nadeau-Vallée se livre à du « cherry picking », n’abordant que les points à propos desquels il pense pouvoir l’emporter et ne citant que les études qui l’arrangent… Exactement ce que lui, l’Université Laval et bien d’autres reprochent à M. Provost.

On remarque que tous ses arguments sont extrêmement contestables, pour ne pas dire faux :

  • L’ « argument d’autorité » ne tient pas : en quoi un résident en médecine et PhD en pharmacologie est-il plus compétent pour parler d’ARN qu’un microbioligiste réputé et justement spécialiste de la question? Si M. Provost n’est pas une personne bien placée pour en parler, alors qu’en est-il de M. Nadeau-Vallée?
  • Contrairement à ce qu’il affirme, les vaccins sont toujours en phase de test. Et M. Nadeau-Vallée ne peut pas ne pas le savoir, puisque l’étude à laquelle il se réfère l’indique en toutes lettres dès le début de l’article.
  • Si la COVID-19 a bien un impact sur le coeur, celui-ci est bien moindre que celui des vaccins, comme le montre l’étude sur une cohorte nordique mais aussi bien d’autres, qui montrent des taux d’effets secondaires graves pouvant aller jusqu’à 1 toutes les 2 000 injections (alors que rappelons-le, l’INSPQ admet dans son étude que les enfants sont « rarement hospitalisés »).
  • Les vaccins ne protègent ni de la transmission ni de la contamination. Cela est couramment admis depuis un an maintenant. Continuer à prétendre le contraire est « totalement faux ».
  • Les traitements proposés par les compagnies pharmaceutiques comme le Paxlovid ont une efficacité « limitée ». Ils sont tout récents et on connait encore mal leurs possibles effets secondaires. L’exemple du Remdesivir (qui a finalement montré une grande toxicité) doit faire réfléchir ceux qui croient au Paxlovid.
  • La « banalisation » de la COVID-19 ne remet pas en cause le fait qu’il faut être prudent et continuer à faire des recherches pour trouver de meilleurs traitements. Cependant, après plus de 2 ans de pandémie et un taux de survie de 99,9 %, il est temps d’apprendre à vivre avec.

On notera aussi que M. Nadeau-Vallée, en demandant le retrait de l’article de M. Provost, puis se félicitant que cela ait été fait, prend de fait position contre la liberté académique, pourtant fondamentale. Étonnant pour une personne détentrice d’un doctorat et qui devrait avoir à cœur la liberté d’expression, notamment dans le milieu universitaire. Car comme le dit le professeur de droit et président du SPUL (Syndicat des professeurs de l’Université Laval) Louis-Philippe Lampron, « la science fonctionne comme ça : c’est entre collègues qu’on tranche de la véracité, et n’importe quelle thèse manifestement fausse va se faire défoncer. C’est comme ça que les connaissances se construisent ».

En cela, la suspension de Patrick Provost (et l’on a appris depuis lors la suspension d’un autre professeur, toujours à l’Université Laval et toujours pour les mêmes raisons) constitue un dangereux précédent car si leurs suspensions sont confirmées, alors toutes les universités pourraient suspendre leurs professeurs dès qu’ils prendraient la parole.

Toutes ces contre-vérités, répétées inlassablement depuis des mois, finissent par avoir un impact majeur sur l’opinion publique, qui n’ayant qu’un seul son de cloche, finit par croire le discours officiel sur les vaccins « sûrs et efficaces ». Si M. Nadeau-Vallée croit véritablement ce qu’il dit, une solution serait d’organiser un débat entre les personnes qui critiquent les mesures sanitaires et celles qui les défendent. M. Provost en d’ailleurs fait la proposition à M. Nadeau-Vallée.

Cependant, à l’heure où nous écrivons ces lignes, nous attendons encore sa réponse. À ce sujet, on se demande d’ailleurs comment il est possible qu’après plus de 2 ans de pandémie il n’y ait quasiment toujours eu aucun débat sur la question. S’ils sont persuadés d’avoir raison, que craignent les partisans des vaccins et des mesures sanitaires?

Ainsi, M. Nadeau-Vallée, plutôt que de parler seul derrière sa caméra, devrait plutôt venir défendre son point de vue face à M. Provost. Les spectateurs pourront alors juger par eux-mêmes.